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Les astronomes de place publique
(extrait de la revue "La nature" de janvier 1889)
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Il y a bien longtemps que les astronomes de Paris se sont préoccupés pour la première fois de montrer au public les phénomènes célestes.

Lalande se plaçait sur le terre-plein du Pont-TombaughNeuf avec une de ses bonnes lunettes.
Cet homme illustre était conduit par le seul désir d'instruire ses concitoyens, aussi ne percevait-il aucune rétribution; une foule considérable s'amassait autour de lui. La police impériale, qui n'aimait point les rassemblements, prit l'alarme, et le Ministre obligea Lalande à rentrer dans son observatoire.

Un autre professionnel qui a suivi de plus près cet exemple, est M. Léon Jaubert; ce savant vulgarisateur a transporté des lunettes sur la terrasse du Trocadéro. Il y montre le ciel les soirs lorsqu'il fait beau. Les jours d'éclipse il y a foule. Nous y avons vu plus d'un millier de spectateurs, à la disposition desquels on avait mis une véritable batterie de télescopes de l'invention de M. Jaubert.

Le spectacle des éclipses, à Paris, a toujours eu le privilège de passionner les curieux, et de tout temps, les verres noircis ont fait fureur pendant toute la durée du phénomène.
Nos places publiques où, moyennant des rétributions variant de 10 à 50 centimes, nous avons pu observer les divers phénomènes célestes. Nous nous bornerons à citer la place du Carroussel, la place de la Concorde, la place de la République, le terre-plein du pont-Neuf et la place Vendôme

De tous ces instruments en plein air, la lunette de cette dernière place, a le pouvoir grossissant le plus fort. Cela tient à ce que son propriétaire a obtenu l'autorisation de la laisser à poste fixe pendant la journée. Le tube de cet instrument possède une longueur de près de 5 mètres et son objectif mesure environ 5 pouces. Quelquefois nous avons fait usage d'une espèce d'escalier ou d'escabeau mobile, pour arriver jusqu'au niveau de son oculaire.
Quoique sommaires, les explications des astronomes de la rue sont parfois intéressantes : données en face du ciel, elles sont faciles à comprendre.

A l'époque où l'Arago du Pont-Neuf Tombaughrégnait sur toute l'astronomie foraine, la place de la République s'appelait encore la place du Château d'eau. L'astronome qui y était établi vendait la Lune et les planètes pour un sou. Malgré la modicité extrême de son prix, il était beaucoup plus instruit que son concurrent et plus indulgent pour ses confrères officiels. Il connaissait très bien son ciel; il savait quelles étaient les principales curiosités de l'horizon; aucune des nébuleuses ou des étoiles doubles ne lui échappait. Malgré cela, il fut probablement mort de faim si quelques grandes comètes ne se fussent présentées de temps en temps pour lui permettre de payer le loyer de son grenier.
Les jours d'éclipse sont escomptés d'avance par les astronomes de la rue et par leurs croupiers; malgré la concurrence acharnée que font alors les marchands de verre noirci ou de lorgnettes, ils recueillent une ample moisson de gros sous et même de pièces blanches.

Patrick

   
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